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TVA à l’hôtel : quels taux et quelle récupération ?

TVA à l’hôtel : quels taux et quelle récupération ?

Mis à jour le 31 août 2026, barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

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Payer une chambre 100 € et voir 110 € sur la facture, ou parfois 120 €, ce n’est pas un hasard : la TVA à l’hôtel n’obéit pas à un taux unique mais se ventile selon chaque prestation. Nuitée, petit-déjeuner, minibar, parking : chaque ligne peut avoir son propre taux, et pour l’entreprise qui règle la note, la question de la récupération se pose avec une réponse souvent moins favorable qu’on ne l’imagine.

En bref : une nuit d’hôtel en France métropolitaine est facturée avec une TVA à 10 %, taux ramené à 2,1 % en Corse et dans certains départements d’outre-mer pour les établissements classés. Côté entreprise, la règle surprend souvent : la TVA sur les frais de logement des dirigeants et salariés n’est pas récupérable, quel que soit le motif du déplacement, même professionnel. Seules deux situations y échappent, et elles changent tout pour qui voyage beaucoup pour affaires.

Quel taux de TVA s’applique sur une nuit d’hôtel ?

En France métropolitaine, le taux sur l’hébergement en hôtel est de 10 %. Ce taux intermédiaire s’applique dès lors que la prestation relève de l’hébergement de type hôtelier, c’est-à-dire qu’elle dépasse la simple mise à disposition d’un logement.

Il s’agit des prestations d’hébergement comportant des prestations supplémentaires telles que le petit-déjeuner, le nettoyage, la fourniture de linge de maison et la réception de la clientèle. Une location saisonnière classique, sans ces services, reste en principe hors du champ de la TVA hôtelière classique, car l’activité de location meublée est en général exonérée de TVA, c’est précisément l’ajout de ces prestations annexes qui fait basculer l’hébergement dans le régime hôtelier taxé à 10 %.

Cette règle des services associés n’est pas qu’une nuance administrative : elle détermine si un loueur de meublé touristique doit ou non facturer de la TVA. Un hôtel classé, une résidence de tourisme ou un village de vacances agréé entrent naturellement dans ce régime. Pour aller plus loin sur la mécanique générale de cette taxe, le détail des taux de TVA applicables en France permet de resituer ce taux de 10 % parmi les quatre taux existants.

Pourquoi la Corse et l’outre-mer bénéficient-ils d’un taux à 2,1 % ?

Le taux applicable à l’hébergement hôtelier tombe à 2,1 % dans certains territoires, contre 10 % ailleurs en métropole. La fourniture de logement dans les établissements d’hébergement bénéficie de la taxation particulière au taux de 2,10 % en Corse, tout comme les trois quarts du prix de la pension et de la demi-pension dans ces établissements.

Ce régime préférentiel s’étend à d’autres territoires ultramarins. C’est le cas de la Corse, de la Guadeloupe, de la Martinique et de l’Île de la Réunion, où les prestations d’hébergement en hôtel classé ou village de vacances soumises aux mêmes conditions bénéficient d’une TVA à 2,1 %. Les boissons alcoolisées échappent en revanche à cet allègement : elles restent soumises au taux normal, quel que soit le territoire où séjourne le client.

Le petit-déjeuner et le minibar ont-ils le même taux que la chambre ?

Non, et c’est là que beaucoup de factures deviennent illisibles pour qui ne connaît pas le détail. Chaque prestation servie à l’hôtel suit son propre taux, indépendamment du prix global de la nuitée.

Le petit-déjeuner et les repas non alcoolisés pris à l’hôtel relèvent en principe du même taux intermédiaire que la chambre, autour de 10 %, dès lors qu’il s’agit d’une consommation immédiate sur place. Les boissons alcoolisées, elles, basculent systématiquement au taux normal de 20 %, qu’elles soient servies au restaurant, au bar ou consommées via le minibar de la chambre. Les produits alimentaires vendus pour être emportés ou conservés, une bouteille d’eau scellée, une viennoiserie sous emballage, peuvent quant à eux relever du taux réduit de 5,5 % appliqué aux produits à consommation différée. Cette segmentation impose à l’hôtelier de ventiler chaque ligne sur la facture : chambre, petit-déjeuner, boissons alcoolisées et éventuels services annexes (blanchisserie, parking, location de salle) doivent apparaître distinctement, faute de quoi le calcul de la TVA due, et celui de la TVA récupérable côté client professionnel, devient impossible à justifier en cas de contrôle.

Une entreprise peut-elle récupérer la TVA sur une nuit d’hôtel de ses salariés ?

La réponse surprend souvent les dirigeants qui découvrent cette règle après coup : non, en principe, la TVA payée sur l’hébergement d’un salarié ou d’un dirigeant en déplacement professionnel n’est pas déductible. Cette exclusion répond à un objectif de lutte contre la fraude, l’appréciation du caractère professionnel ou privatif des dépenses de logement pouvant s’avérer difficile à évaluer, notamment dans le cas de l’hébergement hôtelier.

Le texte qui fonde cette exclusion est précis. En application des dispositions du 2° du 2 du IV de l’article 206 de l’annexe II au CGI, un assujetti ne peut pas déduire la taxe ayant grevé les dépenses de bien ou de service supportées pour permettre d’assurer le logement à titre gratuit des dirigeants ou du personnel de l’entreprise. Concrètement, une nuit facturée 120 € TTC pour un commercial en tournée reste une charge de 120 € pour l’entreprise, sans que les 10,90 € ou 20 € de TVA qui y figurent ne viennent réduire la TVA à reverser au Trésor. Ce coût invisible pèse d’autant plus lourd que les déplacements sont fréquents, et il concerne aussi bien les grandes entreprises que les micro-entrepreneurs assujettis, quel que soit le régime de TVA appliqué par ailleurs, un point qu’on retrouve détaillé dans notre article sur les régimes de TVA (franchise, réel simplifié ou réel normal).

Quelles sont les deux exceptions qui permettent de déduire la TVA ?

Deux situations, et deux seulement, écartent ce principe de non-déduction. La première concerne l’hébergement d’un tiers à l’entreprise : les nuitées pour le compte d’un tiers, comme un intervenant extérieur ou un client, donnent droit à la déduction. Quand une entreprise règle la chambre d’un client, d’un fournisseur ou d’un prospect, la logique change : il ne s’agit plus d’un avantage en nature accordé à son propre personnel, mais d’une dépense engagée dans l’intérêt direct de son activité. La condition est stricte : la facture doit être établie au nom de l’entreprise, et non au nom de la personne hébergée, sous peine de voir la déduction rejetée en cas de contrôle.

La seconde exception vise une catégorie de personnel bien précise. Cette mesure d’exclusion n’est pas applicable aux dépenses relatives à la fourniture à titre gratuit du logement sur les chantiers ou dans les locaux d’une entreprise de personnel de sécurité, de gardiennage et de surveillance. Cette dérogation reste toutefois encadrée : elle est limitée aux logements dont l’utilisation sur les lieux de travail est rendue nécessaire pour les fonctions de sécurité ou de surveillance incombant au bénéficiaire. Un agent de sécurité logé sur un chantier pour assurer une présence permanente entre dans ce cadre; un commercial hébergé à proximité de son lieu de rendez-vous, non.

Une troisième porte d’entrée, plus technique, mérite d’être mentionnée : lorsque le petit-déjeuner ou les repas pris à l’hôtel sont facturés séparément de la nuitée, la déduction de la TVA sur ces frais de bouche devient possible, à condition que les montants soient totalement distincts sur la facture émise par l’hôtelier. La chambre reste, elle, hors du champ de la déduction pour un salarié ou un dirigeant.

Que se passe-t-il pour un hôtel à l’étranger ?

Les règles françaises ne s’exportent pas telles quelles : chaque pays applique son propre taux et ses propres conditions de remboursement pour les professionnels non-résidents. En Espagne, un contribuable français peut récupérer intégralement la TVA de 10 % appliquée aux frais d’hébergement, à condition de ne pas posséder d’entreprise en Espagne et d’avoir effectué uniquement des transactions éligibles au remboursement de TVA.

En Suisse, la mécanique diffère par le taux comme par la procédure. Pour récupérer la TVA appliquée sur les nuitées dans un hébergement hôtelier en Suisse, il faut soumettre une demande de remboursement à l’administration fiscale, le taux spécial appliqué étant de 3,7 %. Le dossier à constituer est précis : une déclaration de TVA, une preuve d’immatriculation en tant que contribuable français, un relevé d’identité bancaire et l’ensemble des factures originales reçues. D’autres pays ferment purement et simplement la porte : au Portugal, la TVA sur les frais d’hôtel professionnels n’ouvre pas droit à déduction. Avant d’engager une procédure de remboursement à l’étranger, mieux vaut donc vérifier l’existence d’un accord de réciprocité ou d’un dispositif spécifique avec le pays concerné, plutôt que de supposer que la règle française, ou espagnole, s’applique par défaut.

Questions fréquentes

Un hôtel peut-il facturer une nuitée sans TVA du tout ?

Oui, dans certains cas : une location de type meublé touristique sans services hôteliers associés (pas de petit-déjeuner, pas de ménage régulier, pas de réception) relève d’une location meublée classique, en principe exonérée de TVA, contrairement à une prestation hôtelière comportant ces services annexes.

La TVA sur un séminaire organisé à l’hôtel est-elle récupérable ?

La location de salle et les prestations de restauration facturées séparément de l’hébergement suivent leurs propres règles de déduction, distinctes de celles qui s’appliquent à la nuitée elle-même : seule la chambre du salarié logé sur place reste, elle, exclue du droit à déduction.

Que faire si la facture d’hôtel ne ventile pas les taux de TVA ?

Une facture doit mentionner distinctement le montant HT, le montant TTC et le taux de TVA applicable à chaque prestation; en l’absence de cette ventilation, il devient impossible de justifier une éventuelle déduction, notamment pour les repas facturés séparément de la nuitée.

Sources

Sources consultées le 31 août 2026.

Données relevées à cette date ; elles ont pu changer depuis. Confirmez auprès de l’organisme concerné.

  1. TVA – Régimes territoriaux – Régime de la Corse – Taxation particulière – Taux de la TVA applicables en Corse | bofip.impots.gouv.fr, bofip.impots.gouv.fr/bofip/903-PGP.html/identifiant=BOI-TVA-GEO-10-10-20201016
  2. TVA – Droits à déduction – Exclusions du droit à déduction – Limitations concernant certains biens et services – Dépenses de logement | bofip.impots.gouv.fr, bofip.impots.gouv.fr/bofip/1190-PGP.html/identifiant=BOI-TVA-DED-30-30-10-20120912

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