Micro, EURL, SASU ou SARL : le comparateur pour choisir votre statut

Comparateur de statuts : micro, EURL, SASU, SARL
Les différences clés entre les quatre statuts les plus courants, et une orientation selon votre projet.
Sommaire
| Critère | Micro-entreprise | EURL | SASU | SARL |
|---|---|---|---|---|
| Nombre d'associés | Aucun (entrepreneur seul) | 1 | 1 | 2 à 100 |
| Responsabilité | Patrimoine perso protégé de droit (statut EI depuis 2022) | Limitée aux apports | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
| Capital minimum | Sans objet | 1 € | 1 € | 1 € |
| Coût de création | Gratuit | ~200 à 250 € (statuts + annonce légale + greffe) | ~200 à 250 € | ~200 à 250 € |
| Régime social du dirigeant | Indépendant (TNS) | Indépendant (TNS) | Assimilé-salarié (régime général) | Majoritaire : TNS · Minoritaire : assimilé-salarié |
| Cotisation sociale minimale | Aucune (pas de CA = 0 cotisation) | Oui, ~1 100 à 1 600 €/an même sans revenu | Aucune si pas de rémunération | Majoritaire : oui · Minoritaire : non |
| Charges sur rémunération | % du chiffre d'affaires encaissé | ~35 à 45 % du revenu net | ~70 à 82 % du net (protection ++) | Selon la gérance (TNS ou assimilé) |
| Imposition par défaut | IR (micro-BIC / BNC) | IR, option IS possible | IS, option IR 5 ans | IS, option IR 5 ans (illimitée en SARL de famille) |
| Cotisations sociales sur dividendes | Sans objet | Oui, sur la part > 10 % du capital | Non | Majoritaire : oui > 10 % · Minoritaire : non |
| Fiscalité des dividendes (2026) | Sans objet | PFU 31,4 % (dont 18,6 % de prélèvements sociaux) | PFU 31,4 % (dont 18,6 % de prélèvements sociaux) | PFU 31,4 % (dont 18,6 % de prélèvements sociaux) |
| TVA | Franchise en base sous les seuils (85 000 / 37 500 €) | Au réel (franchise possible sous seuils) | Au réel (franchise possible sous seuils) | Au réel (franchise possible sous seuils) |
| Cumul avec le chômage (ARE) | ARE maintenue en partie (selon le CA) | Revenu réintégré, ARE réduite (justificatifs) | ARE maintenue à 100 % si pas de rémunération | Selon la gérance |
| Cession / transmission | Cession du fonds | Cession de parts (agrément, droits 3 %) | Cession d'actions libre (droits 0,1 %) | Cession de parts (agrément, droits 3 %) |
| Levée de fonds / crédibilité | Faible | Limitée | Forte (actions, entrée d'investisseurs) | Moyenne |
| Comptabilité | Allégée (livre des recettes) | Complète (bilan, comptes annuels) | Complète | Complète |
| Idéal pour | Tester, activité d'appoint, faibles charges | Se lancer seul en maîtrisant ses cotisations | Se lancer seul, protection régime général, arbitrage salaire/dividendes, levée de fonds | Projet à plusieurs, cadre réglementé et rassurant |
Panorama simplifié à jour 2026, hors cas particuliers (professions réglementées, holding, conjoint collaborateur…). Le choix d'un statut engage votre fiscalité et votre protection sociale : faites-le valider par un expert-comptable. Sources : Bpifrance Création, entreprendre.service-public.fr, service-public.gouv.fr (F2613).
Choisir un statut juridique, c’est décider de trois choses en même temps : comment vous serez imposé, comment vous cotiserez pour votre protection sociale, et jusqu’où votre responsabilité s’étend. Micro-entreprise, EURL, SASU et SARL répondent à ces questions différemment, et aucun n’est meilleur dans l’absolu. Le bon statut dépend de votre projet et de votre situation.
J’ai commencé en micro-entreprise en 2015, seule, pour tester mon activité sans risque et sans paperasse. Trois ans plus tard, quand l’activité s’est installée, je suis passée en EURL. Ce parcours est banal, et c’est le premier message de cet article : le choix de départ ne vous enferme pas, on change de statut quand le projet grandit.
Le comparateur en haut de page met les quatre statuts côte à côte et propose une orientation selon votre situation. La suite explique comment trancher, critère par critère.
Comment utiliser le comparateur
Le tableau compare les quatre statuts sur les points qui pèsent vraiment dans la décision : nombre d’associés, responsabilité, régime social du dirigeant, imposition, charges, dividendes et coût de création. Le menu déroulant vous oriente vers un statut selon votre priorité, par exemple tester une activité, limiter vos charges, ou conserver vos allocations chômage. Les sections suivantes détaillent chaque arbitrage.
Seul ou à plusieurs ?
C’est le premier filtre. À plusieurs associés, la micro-entreprise et les formes unipersonnelles sont écartées : il reste la SARL ou la SAS. Seul, vous avez le choix entre la micro-entreprise, l’EURL et la SASU. La SARL et la SAS sont les versions à plusieurs associés de l’EURL et de la SASU.
La micro-entreprise : pour qui ?
La micro-entreprise est le moyen le plus simple de démarrer. Les formalités sont minimales, la comptabilité se limite à un livre des recettes, et les cotisations se calculent en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisation.
Elle a deux limites. Les cotisations portent sur le chiffre d’affaires, pas sur le bénéfice, ce qui la rend coûteuse dès que vos charges réelles sont élevées. Et elle est plafonnée : pour 2026, le chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services. La franchise de TVA, elle, s’arrête plus tôt, à 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services. Pour les professions libérales, le taux de cotisation a été porté à 25,6 % en 2026, ce qui réduit un peu l’avantage historique du régime.
EURL ou SASU : la vraie différence
C’est l’arbitrage le plus fréquent pour qui se lance seul et veut une société. La différence tient au régime social du dirigeant.
En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié. Ses cotisations sont plus légères, de l’ordre de 30 à 45 % de sa rémunération, mais sa protection sociale est moins étendue, sans assurance chômage et avec une retraite plus faible. Une cotisation minimale reste due même s’il ne se verse rien.
En SASU, le président est assimilé-salarié et relève du régime général. Sa couverture est meilleure, proche de celle d’un salarié, mais les charges sont nettement plus lourdes, autour de 70 à 80 % de la rémunération nette. En l’absence de rémunération, il n’y a aucune cotisation.
Autrement dit, pour un même budget de rémunération, un dirigeant d’EURL touche un net sensiblement plus élevé qu’un président de SASU, mais cotise moins pour sa retraite et sa prévoyance.
Le passage à plusieurs associés : SARL ou SAS
Dès qu’il y a au moins deux associés, l’EURL devient une SARL et la SASU une SAS. La SARL offre un cadre très encadré, rassurant pour un projet familial ou entre proches, avec la possibilité d’opter durablement pour l’impôt sur le revenu en SARL de famille. La SAS est plus souple et mieux adaptée à l’entrée d’investisseurs.
En SARL, le régime social du gérant dépend de sa part dans le capital. Un gérant majoritaire est travailleur non salarié, comme en EURL. Un gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré est assimilé-salarié, comme en SASU.
Quel statut paie le moins de charges ?
Sur la rémunération, les statuts au régime des travailleurs non salariés, à savoir l’EURL et la gérance majoritaire de SARL, coûtent moins cher en cotisations que les statuts assimilés-salariés que sont la SASU et la gérance minoritaire. La micro-entreprise se juge autrement, puisque ses cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires et non sur un bénéfice.
Moins de charges veut dire moins de protection sociale immédiate. Le vrai arbitrage n’est pas seulement le coût, mais l’équilibre entre le net que vous gardez aujourd’hui et les droits que vous vous ouvrez pour la retraite et la prévoyance.
Quel statut pour se verser des dividendes ?
La SASU est la plus favorable aux dividendes. Le président assimilé-salarié peut se verser des dividendes sans aucune cotisation sociale, seulement soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, dont 18,6 % de prélèvements sociaux. C’est le levier classique d’une petite rémunération complétée par des dividendes.
En EURL et pour un gérant majoritaire de SARL à l’impôt sur les sociétés, la part de dividendes qui dépasse 10 % du capital est soumise aux cotisations sociales, ce qui réduit l’intérêt du montage.
Quel statut quand on est au chômage ?
Si vous voulez conserver vos allocations chômage au démarrage, la SASU présente un avantage. Sans rémunération, le président ne génère aucune cotisation, ce qui permet le maintien de l’allocation. En EURL, le dirigeant travailleur non salarié se voit attribuer un revenu forfaitaire qui réduit l’allocation, même sans revenu réel. Les règles de cumul évoluent, donc confirmez votre cas auprès de France Travail avant de vous décider.
Peut-on changer de statut ensuite ?
Oui, et c’est fréquent. Commencer en micro-entreprise pour tester, puis basculer en société quand l’activité se confirme, est une trajectoire normale. Le passage de la micro à une société n’est pas une simple transformation : on crée la société, on lui apporte l’activité, et on radie la micro-entreprise. Passer d’une EURL à une SASU se fait sans créer de nouvelle société, mais change le régime social et fiscal du dirigeant. Le choix de départ n’a donc rien de définitif.
Tableau de synthèse
| Critère | Micro | EURL | SASU | SARL |
|---|---|---|---|---|
| Associés | Seul | 1 | 1 | 2 à 100 |
| Régime social | Non salarié | Non salarié | Assimilé-salarié | Selon la gérance |
| Imposition par défaut | Impôt sur le revenu | Impôt sur le revenu | Impôt sur les sociétés | Impôt sur les sociétés |
| Charges sur rémunération | % du chiffre d’affaires | Plus légères (TNS) | Plus lourdes (régime général) | Selon la gérance |
| Idéal pour | Tester, faibles charges | Se lancer seul en maîtrisant ses cotisations | Protection sociale, dividendes, levée de fonds | Projet à plusieurs |
Comment choisir, en résumé
Pour tester une activité ou un complément de revenu, commencez en micro-entreprise. Pour vous lancer seul de façon durable en limitant vos cotisations, l’EURL est un bon compromis. Si vous privilégiez la protection sociale du régime général, l’arbitrage rémunération-dividendes ou une future levée de fonds, choisissez la SASU. À plusieurs, orientez-vous vers la SARL pour un cadre encadré ou la SAS pour davantage de souplesse. En cas de doute sur un cas précis, faites valider le choix par un expert-comptable.
Questions fréquentes
Quel statut choisir pour se lancer seul ?
La micro-entreprise pour tester simplement, l’EURL pour des cotisations légères, la SASU pour la protection du régime général et les dividendes. Le choix dépend de votre niveau de charges et de vos priorités sociales.
Faut-il un capital minimum ?
Non. L’EURL, la SASU et la SARL se créent avec un capital d’un euro. La micro-entreprise n’a pas de capital, puisque ce n’est pas une société.
Quel statut paie le moins de charges sociales ?
Les statuts au régime des travailleurs non salariés, l’EURL et la gérance majoritaire de SARL, ont des cotisations plus faibles que la SASU, en contrepartie d’une protection sociale moindre.
Micro-entreprise ou société : quand basculer ?
Quand le chiffre d’affaires approche les plafonds, quand vos charges réelles deviennent élevées, ou quand vous voulez protéger votre patrimoine, embaucher ou vous associer.
Peut-on changer de statut plus tard ?
Oui. Passer de la micro à une société, ou d’une EURL à une SASU, est possible à tout moment. Le choix initial n’est pas définitif.
Sources : Bpifrance Création, comparaison EURL / SASU, service-public.fr, régime de la micro-entreprise, service-public.fr, imposition des dividendes. Informations à jour de juillet 2026 ; vérifiez la date de mise à jour avant de vous y fier. Ce contenu n’est pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.