Calculateur de solde de tout compte : ce qu’il contient et comment le calculer

Calculateur de solde de tout compte
Estimez les sommes dues à la fin d'un contrat : salaire, congés payés non pris, 13e mois, préavis, prime de précarité et indemnités.
Sommaire
Éléments complémentaires (laissez à 0 ou vide si non concerné)
Estimation en brut (avant cotisations et impôt). L'indemnité de congés payés retient la méthode la plus favorable entre la règle du 1/10e et le maintien de salaire ; sans rémunération de référence saisie, le 1/10e est estimé sur un salaire fixe (il peut être plus élevé avec des primes ou heures supplémentaires). Congés payés valorisés en jours ouvrables (÷ 26), RTT en jours ouvrés (÷ 21,67). Hors intéressement, participation et clause de non-concurrence, versés à part. Ne remplace pas un bulletin établi par un professionnel de la paie. Sources : service-public.gouv.fr (F86, F33359, F40).
Le solde de tout compte est le décompte des sommes versées au salarié quand son contrat se termine. Il rassemble le dernier salaire, les congés payés non pris, et selon les cas une indemnité de préavis, une prime de précarité ou une indemnité de rupture. Chacun de ces postes se calcule à part, puis on les additionne.
La première fois que j’ai dû en établir un, côté employeur, j’ai compris que la difficulté n’était pas le calcul de chaque ligne, mais de n’en oublier aucune. Un jour de congé non payé ou une prime au prorata qui manque, et le compte est faux. Je fais ma paie moi-même, donc j’ai appris à dérouler la liste dans l’ordre à chaque fin de contrat.
Le calculateur en haut de page additionne ces postes pour vous à partir de votre situation. La suite explique ce que contient le solde, comment se calcule chaque ligne, avec un exemple chiffré, puis répond aux questions de délai, de reçu et d’imposition.
Comment utiliser le calculateur
Choisissez d’abord le motif de fin de contrat, car il détermine les lignes qui s’appliquent. Entrez ensuite le salaire mensuel brut, le nombre de jours travaillés non encore payés du dernier mois, et le nombre de jours de congés payés acquis non pris. Les champs complémentaires servent aux cas particuliers : un 13e mois à proratiser, des RTT non pris, ou une indemnité de licenciement à reporter dans le total une fois calculée à part.
Pour une fin de CDD, l’outil ajoute la prime de précarité et vous laisse choisir son taux. Pour un licenciement ou une démission, il tient compte du préavis payé mais non travaillé. Le résultat détaille chaque poste puis le total brut.
Que contient un solde de tout compte ?
Le solde regroupe toutes les sommes dues à la date de fin du contrat. Certaines sont systématiques, d’autres dépendent du motif de départ.
- Le salaire dû pour les jours travaillés du dernier mois et non encore payés.
- L’indemnité compensatrice de congés payés, pour les congés acquis mais non pris.
- L’indemnité compensatrice de préavis, si l’employeur dispense le salarié de l’effectuer.
- La prime de précarité, en fin de CDD.
- L’indemnité de licenciement ou l’indemnité de rupture conventionnelle, selon le motif.
- Les éléments variables restant dus : 13e mois au prorata, RTT non pris, heures supplémentaires, primes acquises.
Comment calculer un solde de tout compte ?
Chaque poste se calcule séparément, puis on additionne.
Le salaire dû correspond aux jours travaillés du dernier mois qui n’ont pas encore été payés. Pour un salarié mensualisé, on rapporte le salaire au nombre de jours ouvrés du mois : salaire mensuel × jours travaillés ÷ jours ouvrés du mois.
L’indemnité compensatrice de congés payés couvre les jours de congés acquis et non pris. Elle se calcule selon la méthode la plus favorable au salarié, décrite plus bas.
L’indemnité de préavis vaut le salaire que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé pendant le préavis. Elle n’est due que si c’est l’employeur qui dispense le salarié de l’exécuter.
La prime de précarité de fin de CDD est égale à 10 % de la rémunération brute totale versée pendant le contrat. Un accord de branche peut la ramener à 6 % en échange d’un accès à la formation. Elle n’est pas due dans plusieurs cas, notamment si un CDI prend la suite, si le salarié refuse un CDI équivalent, ou en cas de rupture anticipée de son fait.
Un exemple de calcul détaillé
Prenons un salarié en CDI licencié, au salaire mensuel brut de 2 000 €. Il quitte l’entreprise le 15 du mois, avec 15 jours travaillés non payés sur 22 jours ouvrés. Il lui reste 12 jours ouvrables de congés payés non pris, et l’employeur le dispense d’un mois de préavis.
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Salaire dû | 2 000 × 15 ÷ 22 | 1 363,64 € |
| Congés payés non pris | méthode la plus favorable | 960,00 € |
| Indemnité de préavis | 1 mois × 2 000 | 2 000,00 € |
| Sous-total | 4 323,64 € |
À ce sous-total s’ajoute l’indemnité de licenciement, qui se calcule à part selon l’ancienneté. Le solde de tout compte final est la somme des deux.
Ce qui change selon le motif de départ
Le salaire dû et les congés payés non pris sont toujours dus, quel que soit le motif, y compris en cas de démission ou de faute grave. Le reste dépend de la manière dont le contrat se termine.
| Poste | Fin de CDD | Démission | Licenciement | Rupture conventionnelle |
|---|---|---|---|---|
| Salaire dû | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Congés payés non pris | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Indemnité de préavis | Sans objet | Si dispense employeur | Si dispense employeur | Pas de préavis |
| Prime de précarité | Oui (10 %) | Non | Non | Non |
| Indemnité de rupture | Non | Non | Indemnité de licenciement | Indemnité spécifique |
Congés payés : règle du 1/10e ou maintien de salaire ?
L’indemnité de congés payés non pris se calcule de deux façons, et l’employeur retient le montant le plus élevé pour le salarié.
La règle du maintien de salaire verse ce que le salarié aurait gagné en prenant ses congés : le salaire journalier multiplié par le nombre de jours non pris. La règle du 1/10e verse un dixième de la rémunération brute de la période de référence, ramené au nombre de jours non pris. Cette seconde méthode devient plus avantageuse quand le salarié a touché des primes ou des heures supplémentaires sur l’année, car elles entrent dans la base de calcul.
Dans l’exemple ci-dessus, le maintien donne environ 923 € et le 1/10e environ 960 €. C’est donc 960 € qui sont versés.
Quel délai pour recevoir le solde de tout compte ?
Il n’existe pas de délai légal chiffré. Le solde est dû à la date d’expiration du contrat, c’est-à-dire le dernier jour de travail, à l’issue du préavis quand il y en a un. Les délais de 8 ou 15 jours que l’on lit souvent ne sont écrits nulle part dans la loi.
Le solde de tout compte est quérable : c’est au salarié de venir le chercher. L’employeur n’est pas obligé de l’envoyer, même s’il peut le faire par courrier recommandé quand une remise en main propre n’est pas possible. En cas de non-versement, le conseil de prud’hommes peut être saisi.
Quels documents sont remis avec le solde de tout compte ?
À la fin du contrat, l’employeur remet trois documents obligatoires, en plus du dernier bulletin de salaire.
- Le certificat de travail, qui atteste de la période d’emploi et du poste occupé.
- L’attestation France Travail (l’ex-Pôle emploi, renommé au 1er janvier 2024), nécessaire pour faire valoir ses droits au chômage.
- Le reçu pour solde de tout compte, qui liste les sommes versées.
Le reçu pour solde de tout compte a-t-il une valeur juridique ?
Le reçu pour solde de tout compte fait l’inventaire des sommes versées au salarié à la rupture du contrat (article L1234-20 du code du travail). Le salarié n’est pas obligé de le signer, mais la signature change ses effets.
Un reçu signé peut être dénoncé par lettre recommandée dans les six mois qui suivent la signature. Passé ce délai, il devient libératoire pour l’employeur, mais seulement pour les sommes qui y sont expressément mentionnées et chiffrées. Une somme oubliée ou non chiffrée reste réclamable.
Un reçu non signé n’a pas cet effet libératoire. Le salarié conserve alors la possibilité de réclamer les sommes dues dans les délais de prescription habituels, en particulier trois ans pour les créances de salaire.
Le solde de tout compte est-il imposable ?
Les sommes qui ont le caractère d’un salaire sont soumises aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS, et à l’impôt sur le revenu. C’est le cas du dernier salaire, de l’indemnité de congés payés, de l’indemnité de préavis et de la prime de précarité.
Les indemnités de rupture, comme l’indemnité de licenciement ou l’indemnité de rupture conventionnelle, suivent un régime à part. Elles sont exonérées d’impôt sur le revenu dans certaines limites, et partiellement soumises aux cotisations. Le régime fiscal et le régime social ne se recouvrent pas toujours, donc une somme défiscalisée peut rester assujettie à la CSG et à la CRDS. Pour un cas précis, faites vérifier le détail par un professionnel de la paie.
Questions fréquentes
Le solde de tout compte est-il obligatoire ?
Oui. L’employeur doit établir un reçu pour solde de tout compte et verser les sommes dues à la fin de tout contrat de travail, quel que soit le motif de départ.
Que contient le solde de tout compte en cas de démission ?
Le dernier salaire et l’indemnité de congés payés non pris. Il n’y a pas d’indemnité de rupture, et le préavis n’est payé que si l’employeur dispense le salarié de l’effectuer.
Quel délai pour verser le solde de tout compte ?
Aucun délai légal chiffré. Les sommes sont dues à la fin du contrat. Le délai de 8 ou 15 jours souvent cité n’existe pas dans la loi.
Peut-on contester un solde de tout compte ?
Oui. Un reçu signé se conteste par lettre recommandée dans les six mois. Un reçu non signé peut être contesté plus longtemps, dans la limite de la prescription applicable, soit trois ans pour les sommes de salaire.
Le solde de tout compte est-il soumis à l’impôt ?
Le salaire, les congés payés, le préavis et la prime de précarité sont imposables. Les indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle sont exonérées d’impôt dans certaines limites.
Sources : code du travail, article L1234-20 (reçu pour solde de tout compte), code du travail numérique, documents remis à la fin du contrat, service-public.fr, indemnité de congés payés. Informations à jour de juillet 2026 ; vérifiez la date de mise à jour avant de vous y fier. Ce contenu n’est pas un conseil juridique personnalisé.