Amortissement d’un véhicule de tourisme : jusqu’à quel plafond ?

Mis à jour le 2 septembre 2026, barème et règles en vigueur à cette date
Sommaire
L’amortissement d’un véhicule de tourisme est la déduction comptable qui étale son coût d’achat sur sa durée d’utilisation, mais l’administration fiscale n’autorise cette déduction que dans une limite précise, fixée par le Code général des impôts. Cette limite dépend directement des émissions de CO2 du véhicule, ce qui change radicalement la facture fiscale d’une entreprise selon qu’elle roule en diesel, en essence ou en électrique.
En bref : la part du prix d’achat d’une voiture de tourisme que l’entreprise peut réellement déduire de son résultat par l’amortissement est plafonnée selon les émissions de CO2 du véhicule : 9 900 € au-delà de 160 g/km, 18 300 € entre 50 et 160 g/km, 20 300 € entre 20 et 49 g/km, et jusqu’à 30 000 € pour les véhicules les moins polluants, électriques compris. Au-delà de ce montant, la fraction de l’amortissement qui dépasse le plafond n’est tout simplement pas déductible et doit être réintégrée dans le résultat imposable.
Qu’appelle-t-on un véhicule de tourisme au sens fiscal ?
Un véhicule de tourisme, au sens de cette règle fiscale, correspond aux voitures particulières classées « VP » sur la carte grise : berlines, breaks, SUV, monospaces destinés au transport de personnes. La limitation vise ces véhicules parce qu’ils entrent dans la catégorie des dépenses dites somptuaires, aux côtés des yachts, de la chasse ou des résidences de plaisance, que le législateur encadre depuis longtemps pour éviter qu’une entreprise ne finance, via l’impôt, un train de vie plutôt qu’un outil de travail.
Certains véhicules à carte grise utilitaire (catégorie N1) échappent en principe à cette qualification, sauf lorsqu’ils comportent plusieurs rangs de places assises à l’arrière : dans ce cas, l’administration les assimile à des voitures de tourisme malgré leur classification technique. Les motos, les camions et les véhicules strictement utilitaires (fourgons sans places passagers) restent, eux, hors du champ de cette limitation.
Quel est le plafond d’amortissement selon les émissions de CO2 ?
Le plafond de déduction fiscale n’est pas un montant unique : il varie selon le niveau d’émissions de dioxyde de carbone du véhicule, mesuré lors de sa réception européenne. Plus le véhicule pollue, plus la part du prix d’achat que l’entreprise peut amortir fiscalement se réduit.
| Émissions de CO2 | Plafond d’amortissement fiscalement déductible |
|---|---|
| Moins de 20 g/km (électrique, hydrogène) | 30 000 € |
| De 20 à 49 g/km (hybrides rechargeables notamment) | 20 300 € |
| De 50 à 160 g/km | 18 300 € |
| Plus de 160 g/km | 9 900 € |
Ce plafond s’applique sur le prix d’acquisition toutes taxes comprises, et non hors taxes. La raison est simple : la TVA sur l’achat d’une voiture de tourisme n’est généralement pas récupérable par l’entreprise, contrairement à ce qui se passe pour un véhicule utilitaire. C’est donc bien le prix TTC, taxes et malus écologique inclus, qui sert de base au calcul de l’amortissement comptable, puis au plafonnement fiscal.
Comment calculer la part d’amortissement qui n’est pas déductible ?
La mécanique repose sur une comparaison simple entre le prix d’achat réel du véhicule et le plafond de sa tranche d’émissions. Quand le prix dépasse le plafond, la fraction excédentaire de l’amortissement comptable doit être ajoutée au résultat fiscal, chaque année, par le biais d’une réintégration extra-comptable sur le tableau fiscal.
Prenons un véhicule diesel émettant 140 g de CO2/km, acheté 30 000 € TTC et amorti en linéaire sur 5 ans, soit un taux de 20 % par an. L’amortissement comptable annuel s’élève à 6 000 €. Le plafond applicable à cette tranche d’émissions (50 à 160 g/km) est de 18 300 €, donc la fraction excédentaire du prix d’achat atteint 11 700 €. Chaque année, l’entreprise doit réintégrer 20 % de ces 11 700 €, soit 2 340 €, dans son résultat imposable. L’amortissement réellement déductible tombe alors à 3 660 € par an, et non 6 000 €. Sur toute la durée d’amortissement, les 11 700 € d’excédent finissent par être intégralement réintégrés, cumulés au fil des cinq exercices.
Pour un véhicule électrique acheté 28 000 € TTC, la logique est inversée : comme le prix reste sous le plafond de 30 000 € applicable aux véhicules émettant moins de 20 g/km, l’amortissement comptable est déductible en totalité, sans aucune réintégration. La façon générale de calculer une dotation aux amortissements, avant même d’appliquer ce plafond fiscal, obéit aux mêmes principes que pour n’importe quel bien immobilisé, ce que détaille le calcul d’une dotation aux amortissements.
Le plafond s’applique-t-il aussi en location ou en crédit-bail ?
Oui, et c’est un point que beaucoup d’entreprises découvrent trop tard en optant pour la location longue durée ou le crédit-bail plutôt que l’achat. Le même mécanisme de plafonnement s’étend aux loyers versés dans le cadre d’un contrat de location ou de crédit-bail portant sur un véhicule de tourisme.
Concrètement, la part du loyer correspondant à l’amortissement théorique du véhicule au-delà du plafond de sa tranche d’émissions n’est pas déductible et doit, là aussi, être réintégrée dans le résultat fiscal. Le contrat de location précise généralement, dans un tableau annexé, la quote-part d’amortissement financier intégrée dans chaque échéance, ce qui permet à l’entreprise ou à son expert-comptable d’isoler la fraction à réintégrer.
Quels véhicules échappent à cette limite ?
Certaines activités professionnelles reposent entièrement sur l’usage intensif d’un véhicule, et le législateur en a tenu compte. Les véhicules affectés exclusivement à l’exécution d’un service de transport à la disposition du public, comme les taxis ou les VTC, ainsi que les véhicules destinés à la location par les entreprises dont c’est l’activité habituelle, ne sont pas soumis à ce plafonnement. Les auto-écoles bénéficient d’un traitement comparable pour les véhicules affectés à l’enseignement de la conduite.
Les motos et les véhicules utilitaires classés « VU » restent également hors du champ de cette limitation, puisqu’ils ne sont pas juridiquement des voitures de tourisme. En revanche, dès qu’un véhicule à carte grise utilitaire est aménagé avec plusieurs places passagers à l’arrière, l’administration peut le requalifier en véhicule de tourisme et lui appliquer le plafond correspondant à ses émissions.
Ce plafond a-t-il un lien avec le malus écologique ?
Le plafond d’amortissement et le malus CO2 sont deux dispositifs distincts, souvent confondus parce qu’ils s’appuient tous les deux sur le niveau d’émissions du véhicule. Le malus est une taxe payée une seule fois, lors de la première immatriculation en France d’un véhicule de tourisme, neuf ou d’occasion. Il vient s’ajouter au prix d’achat du véhicule, et c’est ce prix TTC augmenté du malus qui constitue la base sur laquelle s’appliquera ensuite le plafond d’amortissement décrit plus haut.
Certains véhicules sont totalement exonérés de malus : les voitures fonctionnant uniquement à l’électricité ou à l’hydrogène, les véhicules accessibles en fauteuil roulant, et ceux dont le titulaire possède une carte mobilité inclusion mention invalidité. Les familles d’au moins trois enfants et les entreprises acquérant un véhicule de huit places ou plus bénéficient, elles, d’une réduction partielle du malus. Si cette exonération ou cette réduction n’a pas été appliquée au moment de l’immatriculation, une demande de remboursement peut être adressée à l’administration fiscale, accompagnée des formulaires 1712-SD ou 1710-SD selon la date de première immatriculation, d’une copie de la carte grise, d’un RIB et d’une pièce d’identité. Ce sujet reste malgré tout distinct de la question du plafond d’amortissement traité ici, qui concerne la déductibilité fiscale de l’usure du véhicule, pas la taxe d’entrée sur le parc automobile. Sur les autres postes de dépenses liés au véhicule, la TVA sur le carburant obéit à ses propres règles de récupération, détaillées dans la récupération de la TVA sur le carburant.
Questions fréquentes
Une micro-entreprise est-elle concernée par ce plafond d’amortissement ?
Non, ce plafonnement ne s’applique qu’aux entreprises relevant d’un régime réel d’imposition, qui tiennent une comptabilité d’amortissement. Une micro-entreprise, soumise à un abattement forfaitaire sur son chiffre d’affaires, ne pratique aucun amortissement comptable et n’est donc pas concernée par cette règle.
Le plafond s’applique-t-il de la même façon à un véhicule d’occasion ?
Oui, la règle retient les émissions de CO2 réelles du véhicule, quel que soit son âge ou sa date de première mise en circulation. Un véhicule d’occasion émettant plus de 160 g/km de CO2 se voit appliquer le même plafond de 9 900 € qu’un véhicule neuf placé dans cette tranche.
Le malus écologique payé à l’achat est-il lui-même amortissable ?
Le malus s’ajoute au prix d’acquisition du véhicule et intègre donc la base sur laquelle l’amortissement comptable est calculé. C’est ensuite le plafond correspondant à la tranche d’émissions du véhicule qui détermine la part réellement déductible de cet ensemble, malus compris.
Que se passe-t-il si le véhicule est revendu avant la fin de l’amortissement ?
La cession du véhicule met fin à l’amortissement et déclenche le calcul d’une plus ou moins-value professionnelle, établie à partir de la valeur nette comptable réelle du bien, indépendamment du plafond fiscal qui n’a servi qu’à limiter la déduction annuelle pendant la période de détention.
Sources
Sources consultées le 2 septembre 2026.
Données relevées à cette date ; elles ont pu changer depuis. Confirmez auprès de l’organisme concerné.
- www.impots.gouv.fr/particulier/questions/je-souhaite-obtenir-le-remboursement-de-la-taxe-additionnelle-la-taxe-sur-les